Dans l'ordinaire de Dieu


 
Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /2009 17:22



« Les yeux sur toi tous ils espèrent  Â»,
chante le psalmiste.

 

Ils espèrent, comme l’humble anonyme du second livre des rois qui dans un contexte de famine, vient offrir, malgré sa pauvreté, malgré son indigence,  ses vingt premiers pains d’orge et du grain frais dans un sac. Celui qui a tant manqué pendant cette période de misère, commence par  déposer là ce qu’il attend pourtant depuis trop longtemps, il dépose dans ce peu mais énorme pour lui à ce moment, tout ce qu’il a souffert sans avoir jamais perdu son espérance.  

Elisée voit l’infinie largesse, la fidélité sans faille de cet homme au point de lui demander de le  distribuer à tous. Qui, à sa place, dans un contexte où la nourriture vient à manquer depuis si longtemps, oserait partager le si peu qu’il vient d’amener ? Qui, comme cet homme, n’aurait pas eu peur de se moquer du monde : « comment donner cela à cent personnes ?».

Mais avec si peu le prophète Elisée annonce que Dieu peut faire infiniment. Tu rassasies avec bonté tout ce qui vit reprend le psalmiste.

Et cette largesse multipliée par cinq n’est en fait rien au vu de ce que le serviteur de Dieu, le Christ peut faire pour les hommes : mille fois plus dit l’évangile, une profusion où le Christ donne sans  compter..

Mais pour recevoir encore faut-il être dans la foule qui le cherche, cette foule  de tous ceux qui se sentent blessés, qui en eux sentent un manque ou une faiblesse, ceux qui ressentent le besoin d’être guéris, cette foule de tous ceux qui n’ont pour raison de vivre que celle d’espérer. Ceux-là ont eu le privilège de voir l’incroyable guérison, celle de cet homme paralysé depuis trente huit ans, resté là au bord d’un vide à la porte de Bezatha dans une improbable  attente. Alors Sommes-nous de cette foule là ? Jésus peut-il donc quelque chose pour moi ?

Devant cette foule affamée qui ne serait dépassé ? Dépassé comme nous le sommes devant les évènements du monde, devant nos propres impuissances. Oui dépassé par la maladie ou la séparation d’un être cher, dépassé par l’indifférence, dépassé par la solitude, dépassé par l’incroyance, dépassé par tout ce qu’il faudrait entreprendre pour plus de justice et de fraternité! Dépassé comme Philippe : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain Â»

Le Seigneur lui même reconnaît que nous avons raison de nous savoir dépassés : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?»

Mais le Fils sait bien que nul ne peut acheter la Parole de Dieu, cette Parole qui dit ce qu’elle fait et fait aussitôt, à l’instant, ce qu’elle dit.  Cette Parole là est hors de prix. . Alors venez à la source même si vous n’avez pas d’argent et sans rien payer dit le prophète Isaïe.

C’est de ce petit rien que le Seigneur  fait immédiatement quelque chose. Ce qui paraît insignifiant à nos propres yeux, insignifiant aux yeux des hommes, est cependant énorme aux yeux du Père. Et déjà, de ce petit rien, Jésus  rend grâce !! Jésus sait l’infinie bonté du Père !  Qui  sommes nous donc pour que le Christ se contente de notre  peu ! Ce peu attendu par le maître balaye tous les obstacles que nous dressons à l’invitation faite par le Christ à le suivre.

Jésus nous demande seulement de croire qu’il peut beaucoup pour nous. Certains parmi vous ici peuvent en témoigner. N’ayons pas peur de venir vers Jésus comme un mendiant de guérison. Le lieu où le pasteur nous mène est celui ou l’herbe est abondante, là ou nous serons rassasiés.

Alors ce matin si vous êtes  dépassé, si vous sentez le besoin de guérir une plaie personnelle, si vous n’êtes venus qu’avec peu, offrez le ici même dans ce repas Eucharistique puis avancez  les mains tendues comme un mendiant pour recevoir la part que le Christ vient distribuer largement.

Et si le Père vous comble au point que le cÅ“ur déborde, ne jetez rien mais gardez ce peu suffisant au travers duquel le Seigneur peut agir ,  partagez le reste  avec ceux qui espèrent encore, entendez Jésus vous inviter à faire asseoir  celui qui est fatigué pour qu’il puisse lui aussi apaiser sa faim. Mais que jamais il n’y ait ce malentendu où l’on cherche en Christ le magicien, le roi alors que la volonté du Fils est de se faire pauvre, de ne garder RIEN . Cette offrande le Père la reçoit comme un TOUT.

Seigneur,  « Les yeux sur toi, tous ils espèrent  Â»

Par Claude Cosnard, diacre - Publié dans : prière
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés