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Chrétiens
en pays fléchois
Paroisses de La flèche,
Bazouges et Luché-Pringé
Diocèse du Mans
Homélie du Père Abel REVEAU.
Au bord du lac d
e Génésareth une foule se pressait autour de Jésus pour écouter la Parole de Dieu , nous dit l'Évangile Cette foule on peut l'imaginer: ce sont des hommes, des femmes, des enfants et des jeunes, ceux que Jésus va rencontrer tout au long de ces 3 années de vie
publique, de vie missionnaire: ce sont les gens du peuple, les malades, les infirmes,les blessés de la vie, mais aussi des
pharisiens, des scribes, des publicains et des pécheurs, et encore des étrangers comme le centurion romain, la syro-phénicienne. Ils sont avides d'écouter la
Parole de Dieu. De cette Parole, on n'en dit pas plus dans l'Évangile de ce jour, mais on peut penser au message de Jésus contenu dans les Évangiles: les béatitudes, les signes et les guérisons,
le pardon donné, la multiplication des pains, toutes paroles ou signes qui vont redonner confiance, remettre debout et rappeler sans cesse combien chacun est aimé de Dieu. Jusqu'au cœur de nos
épreuves, de nos difficultés à vivre, il se fait proche.
Cette foule de l'Évangile nous invite à regarder aujourd'hui notre humanité, ses attentes profondes pour plus de justice, de paix, pour plus de fraternité, pour que chacun trouve ce qui est nécessaire pour vivre décemment… Mais qui va lui porter la Bonne Nouvelle, qui va lui dire la Parole de Dieu .
« Qui enverrai-je, qui sera mon messager »?
Au temps d'Ozias et des rois d'Israël ce sont les prophètes qui transmettaient la Parole de Dieu comme nous l'avons entendu dans la première lecture avec l'appel fait à Isaïe : « Moi je serai ton messager, envoie-moi »?
Paul dans sa lettre aux Corinthiens nous redit que c'est le Seigneur qui lui a fait signe: « en tout dernier lieu il est apparu à l'avorton, au tout petit que je suis », mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu ».
Dans l'Évangile de ce jour c'est bien d'un appel qu'il s'agit et il se situe au regard de cette foule dont on dit qu'elle se pressait autour de Jésus. Un appel qui s'adresse d'abord à Pierre et à travers lui à ses compagnons. A y regarder de plus près on découvre que cet appel suit tout un cheminement. On ne devient pas apôtre de Jésus du jour au lendemain. Il faut devenir familier de sa parole pour devenir disciple et apôtre.
L'Évangile nous dit dans un premier moment que Jésus pressé par la foule a besoin de s'éloigner un peu du rivage, il va monter dans la barque de Simon et
« de là il enseignait la foule ». Pierre est de ceux qui écoutait son enseignement.
Puis, plus loin, Jésus ordonne à Simon « avance au large et jetez les filets » Mais si déjà la nuit la pêche a été infructueuse combien plus elle le sera de jour , tous les pécheurs en mer vous le diront. Pourtant Pierre dit à Jésus : « sur ton ordre je vais jeter le filet ». Nous connaissons la suite. Enfin a la fin de l'Évangile de ce jour c'est l'appel de Jésus à Simon Pierre: « sois sans crainte ; désormais ce sont des hommes que tu prendras », que tu sauveras.
Et voilà que dans cette rencontre de Jésus, Simon Pierre va réaliser la grandeur de celui qui est là, devant lui, celui dont Isaïe a proclamé la sainteté, celle du Dieu trois fois Saint. « A la vue de ce signe, Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant: Seigneur éloigne toi de moi, car je suis un homme pécheur ». C'est le cri d'Isaïe quand il rencontre le Dieu trois fois saint: « malheur à moi je suis perdu » ou encore celui de Paul : «j'ai persécuté l'Église de Dieu ». La rencontre de Dieu nous fait prendre conscience de notre petitesse, de notre péché, de nos pauvretés. N'ayons pas peur de laisser le Seigneur traverser nos existences et nous révéler ce que nous sommes, n'est-t-il pas le Dieu qui nous aime sans limite et son pardon n'est-t-il pas de toujours à toujours. Si nous savons nous aimer et nous pardonner, combien plus nous aime le Dieu de vie manifesté en Jésus, celui dont on dit qu'il est plus grand que notre cœur. Il est celui qui a travers l'amour donné, partagé nous fait grandir, relève, remet debout, redonne confiance.
Ce qui est étonnant dans les trois lectures qui nous sont données aujourd'hui c'est que nous découvrons un Dieu qui semble se moquer de nos faiblesses. Il envoie un messager pour purifier les lèvres d'Isaïe, « maintenant ta faute est enlevée » et Paul le persécuteur d'écrire dans sa lettre « la grâce de Dieu est avec moi » et Jésus dit à Pierre: « sois sans crainte ». C'est l'expérience faite par Tony qui nous a quitté ces jours-ci, à quelques semaines de sa première communion: aujourd'hui je sais que cette parole de Dieu « tu es mon fils bien aimé, en toi j'ai mis tout mon amour, elle est aussi pour moi et je dis oui à cette parole. C'était lors de la dernière rencontre de son équipe catéchuménale.
Devant nos faiblesses, nos petitesses, nos pauvretés, notre péché, Dieu se révèle comme le Dieu de la tendresse, tout puissant oui tout puissant en Amour.
Alors que Pierre se reconnaît pécheur, mais plus encore qu'il reconnaît en Jésus l'envoyé de Dieu, il reçoit cet appel « sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras », que tu sauveras.
Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ? C'est la question qui retentit en ce jour. En appelant Isaïe, Paul, Pierre et ses compagnons le Seigneur nous invite à accueillir son appel. Oui qui annoncera la Parole de Dieu, à cette foule d'aujourd'hui, à ce monde qui est le nôtre ?
Qui suis-je pour répondre à cet appel? Laissons résonner en nous les paroles de Jésus: « sois sans crainte » et n'oublions pas sa parole au terme de l'Évangile de Matthieu « et moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps ».
Alors n'ayons pas peur de répondre à la suite d'Isaïe, de Pierre et des apôtres: « Moi je serais ton messager, envoie-moi.
Seigneur toi qui, après avoir écouté ta Parole, nous invites en ce jour à partager un même pain et de boire à la même coupe, accorde-nous de vivre tellement unis dans le Christ que nous portions du fruit pour le salut du monde.