Dans l'ordinaire de Dieu


 
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 19:24
Homélie du Père François CLERET

FouleAvez-vous remarqué combien on emploie souvent le mot corps dans la conversation : on parle souvent du corps social ou du corps enseignant, du corps diplomatique ou du corps électoral. On parle aussi de « l’esprit de corps ». Autant d’expressions parmi d’autres qui veulent signifier la cohésion, la solidité d’un groupe de personnes. Et saint-Paul d’ajouter : « Vous, chrétiens, vous êtes le Corps du Christ. »

 

Il y a trois semaines, nous étions émerveillés en pensant à ces mages venus de loin pour chercher le Messie. Ils l’ont reconnu sous le visage d’un nouveau-né et ils l’ont adoré.

 

Il y a quinze jours, nous méditions en pensant aux foules qui allaient vers Jean le Baptiste, car elles étaient en attente ; elles cherchaient le Messie promis. Et Jean Baptiste leur disait : « Ce n’est pas moi mais le voici qui vient parmi vous et l’Esprit - Saint se manifeste en lui.»

 

Dimanche dernier, nous regardions Marie solliciter Jésus et dire aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Jésus accomplit à Cana son premier signe. Et ses disciples crurent en lui.

 

Aujourd’hui, Jésus n’est plus visible ; Jean Baptiste n’est plus là pour le désigner ; Marie est absente et ne peut nous le montrer. Pour ceux qui cherchent aujourd’hui, pour ceux qui veulent rencontrer Jésus, pour ceux qui veulent entendre sa Parole, il y a un lieu : c’est L’Eglise. Non pas d’abord le bâtiment qui nous accueille mais l’Eglise à laquelle nous appartenons depuis le jour de notre baptême, cette Eglise que nous formons et à laquelle saint Paul s’adresse quand il nous dit : « Vous êtes le Corps du Christ. » Cette parole est vraie pour vous, les enfants qui vous préparez à la première communion. Avec vos parents qui vous accompagnent et avec nous tous ici rassemblés, vous êtes, nous sommes le Corps du Christ.

Avons-nous pris conscience de la force de cette parole  et de ce qu’elle implique pour nous ?

 

Revenons au point de départ. Ce jour-là, à la synagogue de Nazareth, Jésus, ouvrant le Livre, proclama : «  l’Esprit de Dieu est sur moi, il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle, aux opprimés qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront. » Et il ajoutait : « Cette parole, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

 

Frères et sœurs, en ouvrant à notre tour ce matin le Livre des Ecritures, nous ne parcourons pas un livre d’histoire ancienne : c’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit pour nous. Et c’est tout un programme qui nous est indiqué pour que nous manifestions aux hommes l’action de Dieu en ce monde. Car Dieu agit, mais pas sans nous. Son action passe par nous comme elle passait par Jésus-Christ. Aujourd’hui l’Eglise s’efforce, comme Jésus hier, de répondre aux besoins des hommes, en étant signe de la tendresse de Dieu pour ce monde qu’il aime tant.

 

 

Nous sommes le Corps du Christ : un seul corps mais aux membres divers. Tous, nous avons reçu le même baptême qui fait de nous un seul corps et chacun des membres a sa place dans ce corps articulé.

 

  • Que ferions-nous sans bras ou sans jambes ?

Sans jambes pour aller vers les plus démunis et sans bras pour leur donner la main ? Pensons au Secours catholique ou au CCFD et à bien d’autres associations qui, dans le monde entier et depuis tant d’années, aident des millions de personnes en détresse. Aujourd’hui encore, nous pourrons déposer notre offrande pour venir en aide au peuple haïtien qui a tout perdu. Comment ne pas être bouleversé en voyant ce pays ravagé mais dont les hommes se remettent debout pour chanter leur espérance et reconstruire. Quel témoignage de foi !

 

  • Que ferions-nous sans oreilles ou sans yeux ?

Nos oreilles pour entendre le cri de ceux qui souffrent et nos yeux pour regarder le monde en face ? Pensons à la détresse de chrétiens de plus en plus nombreux à travers le monde qui sont victimes de la violence de groupes extrémistes. Laissons-nous informer par ceux qui nous alertent et secouent ainsi notre ignorance ou notre indifférence.

 

  • Que ferions-nous sans notre bouche pour communiquer, pour échanger et pour prier ?

Pensons aux divers mouvements qui rassemblent et animent des milliers de jeunes et d’adultes. Je n’oublie pas le dynamisme du catéchuménat qui accueille et prépare au baptême des jeunes et des adultes, comme c’est le cas dans notre secteur paroissial. Et en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, gardons au cœur l’impatience de voir aboutir bientôt le dialogue entre Eglises pour que soit pleinement rétablie l’unité entre tous les chrétiens.

 

Ainsi donc, le « Corps du Christ », par l’adjonction progressive des baptisés, a désormais atteint les dimensions de la terre. Jésus disait : « Il en est du royaume des cieux comme d’une graine de moutarde : c’est la plus petite des semences mais, lorsqu’elle grandit, elle devient un grand arbre. » Là encore, c’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit.

 

Lorsqu’à la suite de sondages, nous pensons que l’Eglise est en perte de vitesse et que le nombre de chrétiens diminue, c’est que nous n’ouvrons pas les yeux aux dimensions du monde. Sinon, nous serions émerveillés comme je l’ai été moi-même par la jeunesse et la ferveur de ces nombreux chrétiens à travers l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique latine ou l’Asie. Tous, nous ne formons qu’un seul corps : Corps ecclésial du Christ.

 

Un corps où tous les membres comptent car ils ont une égale dignité en Christ. Il y va même de la vérité du témoignage que nous donnons au monde. Ne nous laissons pas gagner par la tentation du repli sur le semblable. Accueillons avec joie le souffle de l’Esprit qui nous invite à ouvrir en grand les portes de l’Eglise pour que chacun puisse entrer et s’y sentir en famille : les jeunes ou les anciens, les vieux chrétiens comme les nouveaux convertis, ceux qui ont la même sensibilité que moi et ceux qui pensent différemment. C’est la richesse de l’Eglise et de chaque communauté chrétienne. Qu’il est bon d’entendre cette parole s’adressant aux chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment. »

 

Comme dans chaque corps organisé, chacun de nous a sa place. Je sais bien que certains diront : « Je suis trop jeune, je manque d’expérience » ou au contraire : « Je suis trop âgé ; je ne peux plus faire grand-chose. » Et d’autres ajouteront : « Compte tenu de mes activités professionnelles, je n’ai pas le temps ; j’y repenserai au moment de la retraite. »

 

Je crois que chacun de nous, par sa présence, son témoignage, ses engagements, sa prière, permet à l’Eglise d’être la face visible du Christ ressuscité.

 

Au baptême, nous avons été institués « membres du Christ, prêtre, prophète et roi ». Que cette eucharistie où nous recevons le Christ nous amène à faire « corps » avec lui : le « Corps du Christ ».

A nous de « devenir ce que nous recevons. »

Amen

Par Père François Cléret - Publié dans : prière
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Commentaires

Je vous écris d'Angleterre, je suis femme et fille de pasteur,nous pensons nous installer sur Bazouges avec une oeuvre chrétienne qui sera nommée Liberté en Christ, je recherchais sur internet une présence chrétienne sur La Flèche et je suis tombée sur votre prédication de dimanche, merci, quelle joie de la lire et on aura plaisir à vous cotoyer si le Seigneur permet notre venue.
M BC
Commentaire n°1 posté par Monique Baynes Clarke le 28/01/2010 à 18h32
 
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