Dans l'ordinaire de Dieu


 
Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 15:46

Homélie du Père François Cléret.

Nous venons de vivre, Epiphanie.jpg une fois encore, une fête qui nous enchante toujours : la fête de Noël et, aujourd’hui, l’Eglise nous invite à garder notre enchantement en ce dimanche de l’Epiphanie.

Fête de l’Epiphanie mais savons-nous ce qu’est une épiphanie ?

Une épiphanie, c’est une manifestation éclatante de la présence de Dieu fait homme. Autrement dit : ce qui était caché se révèle, ce qui était invisible se rend visible. Il ne suffit pas que Dieu existe, encore faut-il que nous en ayons connaissance.

 

A Noël, c’est déjà la manifestation de Dieu. Il se révèle aux juifs et, tout particulièrement, à de petites gens de l’époque : des bergers.

A l’Epiphanie, c’est toujours l

a manifestation de Dieu mais, cette fois-ci, il se révèle aux païens, aux gens du monde entier et l’on comprend alors mieux pourquoi la tradition religieuse a tenu à donner aux mages des noms exotiques : Gaspar, Melkior et Balthasar. Ce n’est pas un rêve : ce sont bien les nations de toutes couleurs, cultures et langues qui sont invitées par le Dieu Sauveur.

 

Pour nous, aujourd’hui, grâce à un long cheminement des croyants au cours des âges, nous pouvons aller jusqu’à la plus éclatante des épiphanies du Seigneur : sa glorieuse résurrection.

Il y a eu des témoins qui ont pris acte et qui ont rendu témoignage : l’humanité de Jésus révèle et manifeste pleinement la présence de Dieu. Et notre foi repose sur ce témoignage :

« Dieu s’est manifesté ; il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. »

 

Mais cela n’empêche pas que, pour chacun d’entre-nous, la question continue de se poser : Aujourd’hui, le Seigneur se manifeste-t-il ? Et quels signes cherchons-nous de la présence de Dieu ? Quels signes pourraient nous faire « bouger » comme les mages qui sont repartis dans leur pays par un autre chemin ? Car si Dieu se révèle à nous, cela doit bien changer quelque chose dans nos vies.

 

Si nous avions été avec les mages, à Bethléem, est-ce que ce nouveau-né, si fragile, aurait été pour nous un signe suffisant ? En effet, les signes proposés par Dieu ne sont pas du genre clinquant ou tapageur qui, quelque part, forcerait à croire, comme à quelque chose d’évident. Ce qui nous est proposé, ce sont des signes simples, des signes qui manifestent la présence de Dieu, tout près de nous et même en nous, comme une brise légère.

 

Plus que jamais, pour accueillir les signes de la présence de Dieu parmi nous, il faut nous faire un cœur de pauvre à l’image des bergers. Il nous faut quitter nos certitudes bien établies et devenir des chercheurs de Dieu, à l’image des mages venus de loin.

 

 

Alors, comment chercher ensemble ce qu’est l’Epiphanie aujourd’hui et le dire simplement ?

 

  • Mais c’est l’Eglise répandue à travers l’univers, pauvre et belle Eglise de croyants qui tient bon, malgré les tempêtes qui se déchaînent un peu partout, témoignant, malgré ses misères, que la vie de l’homme, c’est la gloire de Dieu.

  • L’Epiphanie du Seigneur aujourd’hui ? Mais c’est la Bonne Nouvelle toujours proclamée et qui touche au cœur ceux qui aspirent à rencontrer Dieu en vérité.

  • L’Epiphanie, aujourd’hui ? Mais ce sont les sacrements : le baptême qui donne la vie de Dieu ; l’eucharistie dans laquelle le Christ se rend réellement présent à nous ; le mariage qui investit les époux de la présence du Dieu de l’Alliance… 

  • L’Epiphanie du Seigneur, elle se lit sur le visage d’hommes et de femmes connus ou inconnus, qui ont tout quitté pour consacrer leur vie aux plus déshérités de la planète, reprenant le flambeau d’un abbé Pierre ou d’une sœur Emmanuelle.

 

Finalement, l’Epiphanie du Seigneur se donne à contempler dans l’amour de Dieu et du prochain vécus au quotidien.

Mais, sans doute, avons-nous encore à apprendre de l’attitude des mages. Ils offrent comme cadeaux à l’enfant : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

 

En déposant de l’or aux pieds de l’enfant, les mages reconnaissent en lui un roi mais pas n’importe quel roi. Il est celui qui dira : « Ma royauté n’est pas de ce monde. »

 

En déposant l’encens, ils reconnaissent en lui Dieu qui s’est fait homme. En Jésus, l’Emmanuel, Dieu a pris l’initiative d’entrer en relation avec les hommes.

 

Avec la myrrhe que l’on utilisait pour embaumer les corps, les mages nous invitent déjà à reconnaître en Jésus, mort et ressuscité, le Sauveur du monde.

 

Un mot encore pour conclure. Avez-vous retenu la dernière phrase du récit de Mathieu ? Il dit qu’après avoir rencontré Jésus, « les mages sont repartis par un autre chemin. » Puissions-nous repartir, en cette année qui commence, par un autre chemin !

Pour tous ceux qui rencontrent vraiment le Christ des chemins nouveaux s’ouvrent devant eux : chemins qui les rapprochent de Dieu, chemins qui les rapprochent de leurs frères.

 

Alors, laissons-nous guider par l’étoile des chercheurs de Dieu.
Amen

 

 

Par Père François CLERET - Publié dans : prière
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