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Chrétiens
en pays fléchois
Paroisses de La flèche,
Bazouges et Luché-Pringé
Diocèse du Mans
Y aurait-il un point commun entre la pauvre veuve qui dépose deux piécettes en offrande et Jérôme Le Royer de la Dauversière dont nous clôturons ce jour les festivités du 350
ème anniversaire de sa mort ? Ce serait sans doute : "donner à tout prix, mais pas de manière quelconque..."
L'évangile de Marc nous dépeint l'attitude d'une pauvre veuve qui a attiré l'attention de Jésus. Tout en prenant son temps, Jésus s’installe dans un siège face au tronc et regarde les donateurs. Mais ce que Jésus regarde ce n’est pas combien ils mettaient, mais comment ils mettaient ! Il regarde le cœur de ces "bienfaiteurs".
La veuve avait fait une plus grande offrande que les riches. Ces derniers avaient mis beaucoup d'argent dans le tronc, mais ils ont mis leur superflu. Encore une fois, Jésus sait cela car il est Dieu et connait le cœur et les moyens de chacun. Jésus est en admiration devant cette veuve par son attitude et son niveau de sacrifice .
Ainsi, cette pauvre femme a donné la plus petite offrande que l'on pouvait donner. Jésus nous dit cependant qu'elle avait donner son nécessaire. Elle considérait plus important de donner à Dieu que de se procurer un morceau de pain, un peu de miel ou une petite gorgée de lait. Au bord du gouffre, elle a osé donner .
Alors, dans un pays comme le nôtre où nous vivons dans l'abondance, pour nous qui revendiquons suivre le Christ, cette veuve n'est-elle pas là pour nous rappeler combien il est important de "donner" mais pas de manière quelconque avec la satisfaction du devoir accompli mais plutôt par manifestation d'un signe d'amour... signe de sacrifice ?
Dans le premier livre des Rois, la veuve de Sarepta, en grande difficulté matérielle, avait toutes les raisons du monde de ne pas donner. Le bilan de ses ressources était effrayant et elle avait un fils à nourrir. Plus d’argent, plus de réserve, plus personne pour l’aider... et une maigre pitance à préparer. Elle avoue alors : Je préparerai cela pour moi et mon fils ; nous mangerons, après quoi nous mourrons ! Élie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils.
L ’Éternel a apprécié son geste, il le lui a rendu plus qu’au centuple. Nous ne sommes jamais perdant quand nous donnons à Dieu que ce soit notre argent, nos biens, notre temps, nos forces. Il faut oser s'abandonner à la providence. Dieu demande la pauvreté du cœur " Là où est ta richesse, là sera ton cœur". (St Luc 12. 34)
Il n'y a pas exception de personne. Le riche comme le pauvre doit donner à Dieu. C'est la façon de démontrer et d' avouer notre reconnaissance à Dieu. C’est Jésus lui-même qui a dit: "Donnez et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis".( St Luc 6 : 38)
Si, avec mes ressources je dis que je n'ai pas les moyens de donner, alors il y a un problème. Certes, donner est une affaire personnelle et il n'est pas question de pourcentage. Ces deux piécettes déposées sont peu importantes. La performance est plutôt dans le geste. Qui d'entre-nous se prive du nécessaire pour donner à Dieu ?
La compassion envers cette veuve interpelle. Ai-je une attention tournée vers ces frères et sœurs aujourd'hui en grande difficulté matérielle: plus d'emploi, plus d'allocation, plus de toit, plus de quoi se nourrir correctement... ou ai-je un regard plutôt ramené sur moi-même, sur mon confort ? Nous ne bénéficions pas tous d'un même niveau de bien-être social.
Notre offrande est un vrai test qui en dit long sur notre engagement de chrétien. Tout vient de Dieu. Chaque chose que Dieu me donne que ce soit dans le domaine spirituel ou matériel, il me donne la responsabilité de bien l'utiliser. Et un jour, j'aurais à rendre compte de la façon dont j'ai géré ce que Dieu m' a donné spirituellement et matériellement.
Ce fondateur de Montréal et des religieuses hospitalières de St Joseph, Jérôme Le Royer de la Dauversière devait en être convaincu. Il était ce laïc déterminé, d'une disponibilité sans faille, à servir Dieu dans un sincère abandon à la volonté divine.
Jérôme, mystique tourné vers l'action, aura besoin de beaucoup de foi pour surmonter tous les obstacles dans ses entreprises, les épreuves intérieures et la maladie. D'une persévérance et d'une fidélité imperturbable, son projet a été qualifié de « folle entreprise » à suivre le Christ. Il l’a fait à cause de sa Foi. Il s'est donné entièrement. Sa grande bonté se manifeste en particulier dans son souci du pauvre. Sa spiritualité est basée sur l'amour et l'union entre les membres de la Sainte Famille qui conduit à l'amour existant entre les trois personnes de la Sainte Trinité...(Cf Bertille Beaulieu, R.H.S.J)
Dans ce monde où la domination et le pouvoir semblent pour certains les principaux motifs d'action, il y a encore des personnes pour qui le service gratuit, accompli par humanisme en esprit de solidarité ou par amour de Dieu et de ses semblables, est un véritable stimulant...et Jésus est bien placé pour observer leurs offrandes.